A love affair
Les soirées en célibataire ont parfois du bon. C'est souvent l'occasion de faire ce qu'on n'ose pas ou qu'on ne peut pas faire devant son chéri. S'étaler de la crème dépilatoire sur les gambettes sans devoir se cacher dans la salle de bain, écouter Rihanna avec le volume à fond, se verser un petit verre de vin blanc et le siroter devant Le Grand Journal de canal +, inventer des chorégraphies dans son salon... Et puis, bien sûr, il y a l'inévitable "film de filles" que choupinet refuse de regarder et qu'on a finalement décidé de se visionner toute seule comme une grande.
Hier soir, D. est allé voir La planète des Singes entre mecs. Personnellement, voir des primates sur un écran ne m'intéresse pas particulièrement et j'affectionne tellement les petites sorties entre copines que je me vois mal priver D. d'une bonne soirée entre potes. Ainsi donc, après une journée quasi parfaite (pas de pluie, travail efficace, documents de voyage réceptionnés, petit jogging, gnocchis aux scampis), je me suis lovée dans mon divan pour regarder un film cultissime : An affair to remember.
Je vous entends d'ici : "Comment peut-il être culte, personne ne le connaît!". Laissez-moi vous prouver le contraire. Si ce film est surtout culte pour la gent féminine (c'est une histoire d'amouuuuuuuuur!), il l'est aussi pour tous ceux qui ont vu Nuits blanches à Seattle. En effet, c'est à ce vieux film de 1957 que Meg Ryan se réfère sans arrêt, cite des répliques, regarde des extraits. Culte aussi parce que dedans joue Cary Grant (tu n'en as jamais entendu parlé? tu sors), ZE man, l'homme parfait, drôle et élégant, dont la classe n'a d'égal que le talent (ce n'est pas pour rien que Ian Fleming s'inspira de lui pour créer le personnage de James Bond...). Pour couronner le tout, An affair to remember fut nomminé quatre fois aux Oscars et fait partie des plus belles romances du XXe siècle. Culte, enfin, parce que toute la mythologie construite sur le sommet de l'Empire State Building comme lieu de rendez-vous, comme "the nearest place to Heaven in New-York" provient de ce film-là et pas d'un autre.
Ce film est à voir, définitivement. Et je me moque que vous soyez un homme viril et fier de l'être : vous devez le voir! Je ne vois pas pourquoi seules les filles seraient touchées par l'humour des dialogues, la parfaite ironie des répliques, la poésie des images, la proximité des situations. On ne peut pas rester insensible à ces deux personnages ; on ne peut pas finir en larmes lorsqu'apparaît le mot fin sur une vue de New-York enneigée. Ce film est un petit chef-d'oeuvre et va vous enchanter...
D'un superflu nécessaire
J'avais besoin de ce livre, Palimpsestes de Gérard Genette. Je sais que la simple évocation de ce nom pourrait provoquer une éruption cutanée à certains de mes lecteurs - les romanistes traumatisés par l'analyse textuelle, en l'occurrence – mais je dois bien l’utiliser ici car, vraiment, quand je suis entrée chez Pax ce matin, c’était de ce bouquin-là dont j’avais besoin et que je savais bien rangé sur la plus basse étagère du rayon « études littéraires ». A vrai dire, comme j’avais terminé de lire L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet au petit-déjeuner, je comptais également m’offrir un nouveau roman : une édition de poche, pas trop chère et maniable, facile à tenir sous la couette et pratique à emporter dans un sac.
Une fois passé les portes de la libraire, je me suis retrouvée interdite devant les premières tables d’exposition. M’octroyer le droit de choisir un nouveau livre a toujours été à la fois un plaisir jouissif et une tâche anxiogène. Que choisir parmi ces centaines de parutions, ces volumes empilés qui attendent qu’un lecteur les remarque ? Comment ne pas se tromper dans cet excès de papiers, ce foisonnement de titres et d’auteurs ? Que faut-il privilégier entre l’attrayante nouveauté de la rentrée littéraire et le prestige silencieux des classiques ?
- - « Je peux vous aider, Mademoiselle ? »
Je regarde l’employé du magasin : il porte quelques livres dans une main et une liasse de papiers dans l’autre. De sa question émane une haleine de café et ce qui semble être une véritable envie d’aider. Ils sont comme ça, les vendeurs de chez Pax : ils vous conseillent, cernent vos préférences, font doucement évoluer la qualité de vos goûts. Vous leur dites trois titres que vous avez adorés, vous ressortez de là avec un quatrième qui vous plaira davantage. Le type a l’air jeune, peut-être pas encore assez rompu à l’art de conseiller les lecteurs, mais il est assez maigre et porte de lunettes – ce qui est un bon signe… pour un libraire, je veux dire.
Alors je lui explique : je lui dis que j’ai dévoré le livre de Reif Larsen et lui demande une histoire du même style. Pas de bol, celui-là, il ne l’a pas lu. Il me montre un livre sur la Sardaigne, le récit d’une femme stérile qui veut un enfant, avec une réflexion sur l’euthanasie, l’accompagnement des gens vers la mort… Boh. « Vous auriez pas un truc plus joyeux ? ». Heu… il hésite. Peut-être que c’est un employé à tendance gothique en fait, genre qui porte un long manteau noir Matrix, un crucifix autour du coup et des bottines militaires, et qu’il se camoufle sous un sweat à capuche rouge pour vendre en douce ses opinions aux gens...
- - « Je vois que le dernier Foenkinos est sorti, là ! » Tout de suite, le voilà plus à l’aise. Il bondit sur l’occasion pour mon montrer une Henning Mankell dans la même veine. Si vous avez aimé La délicatesse, vous aimerez aussi certainement celui-ci ! ». C’est déjà mieux.
- - « Et celui-ci ? (je montre Homo erectus de Benacquista) J’ai adoré Malavita… »
Il étouffe un petit rire gêné : « Haha… non, on pas dire qu’il soit très bien celui-là. Attendez ! ». Et il me laisse en plan avec des folios dans les mains et file dans le fond du magasin. Il en revient avec Saga et un autre petit livre dont je connais l’auteur mais dont le titre ne m’évoque rien de connu : « Choses qu’on dit la nuit entre deux villes ».
- - « Moi, j’ai adoré celui-là. Et c’est drôlement bien écrit. En fait, l’histoire c’est… » (je vous épargne)
- - « Eh bien merci ! ». C’est ma façon à moi de dire : c’est fort gentil à vous de m’avoir aidée, Monsieur, mais maintenant, j’aimerais un peu de solitude et de silence pour pouvoir choisir à mon aise parmi la sélection que vous m’avez proposée. Du vent ! Et merci hein !
Tout ça pour vous dire qu’on ne devrait jamais se priver du bonheur de sortir d’une librairie avec un nouveau livre sous le bras . Ma chef a l’habitude de dire que dans la vie, il y a l’essentiel – du pain, de l’eau, un lit –, l’accessoire – une troisième paire de bottes, un i-pad, un jacuzzi – et ce qu’elle appelle « le superflu nécessaire ». C’est tout ce qui nous donne une raison de vivre, tout ce qui fait notre nature d’homme : la lecture, les rires, la découverte, l’amour, le plaisir d’apprendre. « Sans ça, on meurt ».
Vous devriez vous offrir : L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Reif Larsen et Comment je suis devenu un écrivain célèbre de Steve Hely (éd. Sonatine, 2011).
Vous pouvez m’offrir (…hihi ! ^^) :MUZE (magazine culturelle trimestriel) été 2011 ou Les Souvenirs de David Foenkinos.
La sélection de chez Pax : Palimpsestes de Gérard Genette, coll. Points, éd. Seuil, 1982, Les chaussures italiennes de Henning Mankell, Choses qu’on dit la nuit entre deux villes de Francis Dannemark et Saga de Tonio Benacquista.
Des grands-parents
Il y a beaucoup de choses à faire dans une journée. Beaucoup de précieuses heures passées - gâchées - dans les transports en commun, les ennuis du quotidien, les tracasseries domestiques ou les embûches professionnelles. Beaucoup de gens croisés, dépassés, oubliés, bousculés ou ignorés. Mais parfois, la vie nous envoie des petits signes pour nous poser, nous arrêter. Pour vivre en somme. Soudain, on arrête de dire "j'dois y aller" avec les clés de voiture qui tintent dans une main et on offre un peu de son temps aux autres. Et ce n'est pas une heure perdue, c'est une heure gagnée sur le tourbillon infernal de la vie.
Aujourd'hui, je suis allée souhaiter un bon anniversaire à mes grands-parents qui fêtent leurs 60 ans de mariage. Ce ne sont pas vraiment mes grands-parents, : Tonton et Tati sont comme des grands-parents. Aucun lien de sang ne nous lie à eux, mais un lien bien plus fort encore, tressé d'affection spontanée, de cueillettes de fleurs au jardin et de repas de Noël. Ils font partie de ces gens que je serre dans mes bras, après lesquels je cours caddy aux poings dans les allées du Delhaize, qui m'appellent encore "leur petite Zouky". C'est Tonton qui m'a appris à rouler à vélo, un matin d'été, sur le terrain de basket de Fexhe ; et c'est Tati qui l'après-midi même, m'a emmenée faire une longue balade à vélo dans les campagnes. C'est lui qui organisait des chasses aux oeufs gigantesques dans leur grand jardin ; c'est elle qui nous prépare des galettes, des terrines de gibier, des tartes à la rhubarbe au fil des saisons. A l'heure de la retraite, ils avaient plein de temps libre, ils nous l'ont offert ; petites filles, on avait de l'amour à distribuer, on les en a couverts.
Assise dans leur salon, Tati à ma gauche, Tonton à ma droite, je me suis remémorée tous les souvenirs que j'ai gardé de cette maison : le tic-tac de l'horloge du salon, le tabouret dans la cuisine et les gobelets colorés dans lesquels on buvait du lait, les peaux de bêtes dans la chambre, les armoires de la salle de bain au-dessus desquelles on lançait nos petites culottes. Et les poules au fond du jardin, et la terrine de saumon, et le ballet Cendrillon de Prokofiev enregistré sur VHS. Cette maison est pleine à craquer de souvenirs, d'instants de bonheur et de nos cris joyeux.
Nous avons discuté de tous légers et de riens importants, de leur journée et de la mienne, du temps qui passe et de ceux qui restent. De l'opéra Don Pasquale, du taux de chômage en 44, de ma thèse. Ils ont parlé de ces soixante années de vie commune avec beaucoup - beaucoup - de concessions, avec des disputes qui font avancer, avec l'un des deux qui fait toujours le premier pas, avec le moins d'égoïsme possible. Mais aussi, et surtout, avec ces moments d'harmonie, ce bonheur à deux qui efface tout le négatif, à côté duquel les ennuis du quotidien, les tracasseries domestiques ou les embûches professionnelles ne sont rien.
J'ai repensé à ce que ma meilleure amie m'avait dit la veille au soir : on devrait plus souvent tenir compte de la sagesse de nos grands-parents. Ils ont vécu tant de choses, ils ont tant à nous apprendre. Le temps que nous pouvons passer avec eux est si précieux.
Du sport dans mon salon
Comme vous vous en souviendrez, je me suis offert un dvd pour faire de la gym à domicile. Lasse de passer mes soirées en célibataire devant la tv avec un pot de glace pour me tenir compagnie sur le canapé, j'ai pris la ferme décision de faire du sport les jours où D. part à son entraînement de foot. Depuis trois semaines donc, dès que Chéri referme la porte derrière lui, j'enfile mon short et mes baskets, bande ce qui me sert de muscles et m'élance pour 120 minutes de transpiration, d'effort et de souffrance. Exercices pour les bras avec et sans haltères, fessiers debout, fessiers couchés, séance d'abdos au sol, séance d'abdos debout (oui oui!)... et pour couronner le tout, vingt minutes exténuantes de danse-cardio. Au bout de deux heures, je suis en nage, proche de la déshydratation, prête à décéder sur mon tapis et, en même temps, incroyablement détendue et positive. Tous mes petits muscles épuisés me crient "merci, merci Maryse" et je les comble encore davantage en les gratifiant d'une bonne douche tiède avant d'aller me coucher.
Vous l'aurez compris : je suis fan! Avoir un "coach" en dvd, c'est bien différent que de faire ses petits abdos-fessiers toute seule chez soi. Ici, il y a quelqu'un qui vous guide, vous encourage et qui - il faut bien le reconnaître - est suffisamment bien foutue pour vous donner envie de lui ressembler. Mais venons-en directement à la question cruciale, celle qui brûle vos lèvres et chatouille le bout de votre langue : est-ce que ça marche? Car c'est bien beau de suer comme un boeuf mais est-ce vraiment efficace? Difficile de porter un regard objectif sur son reflet dans la glace et, si j'en crois ma balance, je n'ai pas perdu un seul gramme. Pourtant, ma grande soeur trouve que mes jambes se sont affinées et il me semble que sur mes bras se dessinent des muscles dont j'ignorais l'existence (D. ne s'est pas encore exclamé "Ouh! mais que faites-vous donc dans mon salon, belle étrangère? à qui est ce corps somptueux?"... mais je ne perds pas espoir!). Si le but n'était pas de maigrir - j'ai d'ailleurs continuer à manger normalement * -, l'objectif du "raffermissement des chairs molles" pourrait bien être atteint si je continue sur cette belle lancée. Rome ne s'est pas fait en un jour ; on ne devient pas Shakira en un mois!
* Mademoiselle Tracy Anderson préconise un régime drastique que j'ai d'emblée jugé intenable. Imaginez : vous vous levez le matin et démarrez la journée avec un thé vert et une heure trente de fitness. Après quoi, en guise de petit-déjeuner et pour vous régénérer après l'effort, vous pouvez vous offrir un... jus de chou frisé! Miam-mioum! A midi, une salade de poulet ou de tofu et le soir, un petit bol de soupe... A ce rythme-là, forcément, on mincit à vue d'oeil mais on souffre aussi d'énormes carences en fer, en vitamines D et en calcium. Et puis, ce que Tracy semble oublier, c'est qu'à côté de ça, on a une vie et beaucoup - beaucoup - de choses à faire. Manger des feuilles à midi, c'est bien joli, mais c'est le meilleur moyen de craquer pour un chips ou un sneakers à 17h quand le ventre hurle de faim. Alors se priver d'une belle tranche de pain complet, d'un bol de céréales ou d'un spaghetti conviviale, il en est hors de question! La table est et doit rester un plaisir...
La mort du féminisme
"... penchons-nous sur une question cruciale : Zemmour a-t-il raison ? Le féminisme a-t-il castré les hommes ? […] Les hommes sont traumatisés par le féminisme. Ils ne savent plus comment se comporter. Ils marchent sur des œufs, sont blessés dans leur intimité, perdus dans leur virilité. Cette vision apocalyptique des effets de la libération de la femme est celle que l’on nous sert, de l’entrée au dessert, à chaque débat télévisé. Pourtant, bêtement sans doute, nous, on était sûres que la liberté et l’égalité étaient des principes démocratiques fondamentaux destinés à faire du bien à tout le monde. Pour comprendre de quelle façon le féminisme a bousculé les hommes, Causette vous propose une balade dans la psyché masculine." Causette #14
Réaction d'un homme dans le Causette #15 : "Votre texte serait même pertinent s'il n'y manquait cette chose tellement primordiale que vous n'avez pas pu l'oublier, si ce n’est volontairement : l’enjeu, le mobile, la cause. Cette chose toute simple qu’on appelle le « bonheur ». Parler du féminisme, c’est bien. Parler de ses limites, c’est encore mieux […], mais parler des hommes et du féminisme sans évoquer aucunement la question de l’amour et, plus largement, du bonheur, il fallait le faire ! Car un mariage forcé, justement, n’est pas heureux. »
Assise sur la banquette en simili cuir vert bouteille de l’omnibus qui me ramenait chez moi, j’ai levé la tête de mon magazine et j’ai réfléchi. Si le bonheur est l’idéal après lequel on court, le féminisme est-il vraiment un moyen d’y accéder ? Peut-on être à la fois féministe et à la fois heureuse en amour ? Peut-on rester cohérente en étant féministe et en préférant les garçons ? J’ai réfléchi, et je réfléchis toujours.
Ceux qui lisent mes articles depuis quelques temps savent comme le féminisme est un combat qui m’intéresse et m’interpelle. Ils connaissent mon goût pour Elisabeth Badinter, Simone de Beauvoir et Maryse Wolinski. Moins que la libération de la femme, c’est la réaction anti-machiste qui m’intéresse dans les revendications féministes, le droit à l’égalité des sexes. Seulement voilà : ce n’est pas parce qu’on lit des manifestes qu’on les applique ; ce n’est pas parce qu’on a la foi qu’on pratique. Au quotidien, le féminisme est un mode de vie bien laborieux à imposer. Le poids millénaire de la tradition fait plier les nouvelles convictions, le sens des priorités bouscule les résolutions personnelles, la peur de s’exprimer jugule nos sursauts d’indignation.
Elles se comptent par milliers les filles qui, pleines d’aplomb, déclarent fièrement leur indépendance et leur détachement en société, puis vont lécher les pieds de leur blaireau de copain, laver leur petit linge, faire leur bouffe et consoler leur mioche. Et eux, ils sont des milliers à nous prendre pour des idiotes, des femelles écervelées, capables de rien, sinon de faire les courses et à manger, de nettoyer et repasser, de faire des mômes et de les élever. Et d’ouvrir les cuisses, évidemment.
Au terme de ma réflexion, il m’est apparu que le féminisme est incompatible avec une vie de couple (hétérosexuelle, s’entend) : une femme qui veut imposer les concepts beauvoiriens dans son couple se heurte à la masculinité de son époux, blesse son orgueil, instaure une perpétuelle et invivable tension au sein de son union. A moins que votre mari ne soit une lopette, le féminisme amoureux est souvent malheureux. Une impasse ? Pas du tout. Attendez la suite.
Mieux encore, je crois que le féminisme sincère et positif est absurde et, en réalité, n’existe pas. Je m’explique. Etre féministe, c’est lutter pour la cause des femmes… en tant qu’humains. Etre féministe, c’est dire : « La femme est un homme comme un autre » / « Hommes et femmes sont des êtres humains et les différences biologiques qui les séparent ne doivent en rien influer sur la reconnaissance de leurs valeurs intrinsèques et personnelles ». Par conséquent, se battre pour les femmes, c’est se battre pour les humains, et donc, se battre aussi pour le sexe masculin. Les droits et privilèges de l’un sont ceux de l’autre. Réduire la femme à ses casseroles, ses sautes d’humeur menstruelles et sa garde-robe pleine à craquer, c’est comme soustraire un homme au foot, à sa PS3 et à ses pieds qui fouettent : c’est injuste et mesquin. Il n’y a pas de féminisme, sinon un féministe agressif, sexué et réactionnaire. Ce qu’il existe, par contre, c’est du respect. Là est la clé de la démonstration – la clé du bonheur, aurais-je presqu’envie de dire.
Depuis la nuit des temps, on observe des sociétés patriarcales (ou du moins, sont-ce celles-là qu’on retient) : le sexe masculin semble toujours prendre le dessus sur l’autre, s’autoproclame responsable des décisions politiques, territoriales, pécuniaires et sociales. L’autre sexe, la féminité « écrasée », ne s’est apparemment jamais rendu compte de l’importance de sa tâche sous-jacente : nourrir, élever, veiller au confort du quotidien et à la légèreté de l’âme. Et pire encore, elle ne s'est pas souvent demandé si elle était capable d'autre chose, capable d'inverser les rôles. Les historiens (c’est p’tites b*tes) ont fait une lecture machiste de notre passé ne voyant dans ces sociétés ancestrales que des exemples de la supériorité masculine (on compense la taille de son membre comme on peut). Pourtant, on sait qu’Hatchepsout fut l’une des plus grandes reines d’Egypte. On connaît l’influence d’Aspasie sur le grand Périclès et l’indépendance professionnelle et financière d’une Christine de Pizan. On semble avoir oublié qu’Emilie du Châtelet traduisit Newton et qu’Aliénor d’Aquitaine fut une formidable femme politique. Si l’histoire n’avait pas été écrite par des blaireaux (cf. ci-dessus) poussiéreux et engoncés dans leur éducation machiste, on aurait appris dès l’école primaire que les hommes et les femmes sont des êtres également exceptionnels, complémentaires et indispensables l’un à l’autre. Dès l’enfance, on aurait appris le respect de l’autre, quel qu’il soit.
Dès lors, si le féminisme ne peut cohabiter avec l’amour, le respect, lui, s’impose naturellement : il est même la conséquence et la cause du sentiment. Des hommes qui aiment leurs femmes, les aident à faire la vaisselle et passer l’aspi, les laissent mener une vie professionnelle enrichissante, assument totalement leur rôle de père et envisagent plus leur couple comme une équipe que comme une entreprise dont ils sont le boss, ça existe. On appelle ça des « types biens ». Alors, si l’homme avec lequel vous vivez vous donne l’impression d’être une bonne à rien, vous traite comme une bonniche et ne semble vous aimer que lorsque vous vous allongez, laissez-moi vous le dire franchement : c’est un blaireau!
La petite pensée du jour
Popeye et Olive
Il suffit d'un rien, parfois, pour passer une bonne soirée : du bon vin, de la bonne humeur, un repas en amoureux. Ce n'est rien, et à la fois c'est extrêmement précieux.
Cette recette est ridicule, vraiment. Mais bon sang! J'aurais bien mangé un kilo de patates trempées dans la sauce des épinards. C'était crémeux, un rien salé, délicieusement généreux. Avec un pavé de saumon juste poêlé, c'était un régal inattendu!
Pour deux (et encore, c'était trop peu!) : 200g de pousses d'épinards - 1 gros oignon - de l'huile d'olive - 2 CàS de mascarpone - 2 CàS de parmesan - du sel et de poivre.
Dans une sauteuse, faites revenir votre oignon émincé dans un bon filet d'huile d'olive (ne lésinez pas : il faut que l'oignon caramélise un peu). Lorsque votre oignon a pris une belle couleur dorée, versez les pousses d'épinards et laissez réduire. Salez et poivrez. Quand les épinards sont cuits, incorporez le mascarpone et le parmesan. Prévoyez un féculent (des grenailles, des pâtes, un morceau de ciabatta) pour récupérer la sauce... et oubliez votre régime, le temps d'une soirée!
La mode et moi
Je n'ai jamais été une fille "à la mode". Quand j'étais petite, je demandais à ma mère de pouvoir mettre mes ballerines vernies noires avec le gros noeud fuchsia... alors que je portais un jogging! Et elle acceptait!!! Plus tard, j'ai enfilé des pulls rayés multicolores (et les garçons de ma classe n'hésitaient pas à me dire que mes pulls leur filaient la nausée), j'ai mis des collants bordeaux avec des jupes en laine, j'avais même un joli pull en polair tout doux que ma copine Céline avait baptisé "le pull Milka" tellement elle le trouvait moche. Heureusement, pour me remettre dans le droit chemin, il y avait ma grande soeur qui elle avait un talent inné pour copiner avec les vendeuses des boutiques de vêtements, qui assortissait son foulard à ses chaussures, qui était toujours hyper pimpante et parfaitement parfaite.
Evelyne a un regard aiguisé sur les vêtements. Quand elle vous voit arriver dans la pièce, elle plisse ses yeux et vous analyse de haut en bas. Il doit y avoir des fonctions spéciales dans son cerveau qui détectent immédiatement la matière, la couleur, la forme et un programme très pointu qui devine la marque du vêtement, son prix, son origine. Ma soeur aurait été une excellente vendeuse en prêt-à-porter : pas dans un magasin de robes de mariée ou une boutique à une seule enseigne. Non. Un magasin du style Espace Mode ou Ma Campagne, une surface dans laquelle elle aurait pu mixer les marques, accorder la robe Dept et la veste Esprit, la blouse French Connection et le pantalon Benetton ; où elle aurait pu fignoler une silhouette avec un sac, une écharpe, des bottes et des boucles d'oreille assorties. Ma soeur aurait pu gagner des millions si elle avait été payée à la commission. Ma soeur a peut-être raté sa vocation.
Si je vous parle d'un sujet aussi futile que la mode, c'est parce que la rentrée des classes approche à petits pas et qu'à cette période de l'année, il est grand temps de penser à sa garde robe automnale. Quand nous étions ados, à la fin de l'été, ma petite soeur et moi nous choisissions un "style" vestimentaire en nous inspirant de films ou de séries. Il y a eut Meg Ryan dans You've got mail, Joey dans Dawson, Alexis Bledel dans Gilmore Girls et The Good Guy. Aujourd'hui, si je n'ai pas encore atteint le niveau de fashonitude de mon aînée, je n'ai plus besoin de regarder des séries américaines pour savoir ce que je dois ou ne dois pas porter. J'ai appris à me connaître, à savoir ce qui me va et ce qui ne m'ira jamais et, à l'occasion, je me remémore quelques règles d'or inspirée du livre "La Parisienne" d'Ines de la Fressange (les illustrations en sont d'ailleurs issues).
1 - La mode passe, le style reste : toujours suivre ses propres goûts plutôt que la tendance actuelle.
2 -Less is more. La simplicité est souvent plus élégante que l'originalité.
3 - Si tu ne sais pas comment t'habiller, enfile un jeans et un t-shirt blanc : tu ne peux pas te tromper.
4 - Une petite robe noire est toujours un bon achat. Toujours.
5 - En matière de boucles d'oreilles, on a encore rien vu de mieux qu'une paires de perles blanches (et si c'est un cadeau de celui que vous aimez, c'est encore mieux!).
6 - (Je prends une forte inspiration et je dis : ) A partir de 25 ans, on ferait bien de ne plus porter de petites culottes Hello Kitty. Voilà, c'est dit.
7 - Les décolletés sont permis dans quelques cas (les copines viennent souper à la maison, en vacances avec Chéri, un cocktail chez Karl Lagerfeld...) et strictement prohibés lors d'autres occasions (sorties entre filles, souper entre amis, réunions de famille... au risque de passer pour ce que l'on est pas).
8 - Jamais plus de trois couleurs en même temps.
9 - Il vaut mieux ressembler à une Madame Prout-Prout qu'à une Miss Bling-Bling (je reste polie).
10 - Le meilleure accessoire que l'on puisse s'offrir? un joli sourire!
A little stone
There's a little stone that lingers in my heart,
Warmed up by the sun and the laughings,
Polished by the dance of the sea.
A little stone still lives in my stomach,
So heavy at night, so hard to carry under the moonlight
And so light, sometines, like it never was.
A little stone is stuck in my throat
Tearing me apart, pushing me trough the day,
Pulling myself to the best I can.
In the deep blue down in me,
There's a little stone - memories of dreams.


